Comment protéger votre cheval de la dermite estivale ?
La dermite estivale, souvent appelée dermite, eczéma ou « gale d’été », est une affection cutanée fréquente chez le cheval, liée à une allergie aux piqûres de moucherons (Culicoïdes). Elle se manifeste surtout en été par de fortes démangeaisons, des zones désquamées, des pertes de poils au niveau de la crinière, du dos ou de la queue, et un grand inconfort pour l’animal.
Pour limiter les crises chaque saison, il est essentiel de mettre en place une stratégie de protection globale : gestion de l’environnement, équipement adapté et soins cutanés réguliers.
1. Limiter l’exposition aux insectes
La première clé pour protéger votre cheval de la dermite estivale est de réduire au maximum le contact entre les moucherons et sa peau.
Choisir la bonne pâture : privilégier des zones ventées, éloignées des points d’eau stagnants (étangs, marais, ruisseaux, rigoles pleines). Ces milieux favorisent la reproduction des Culicoïdes.
Adapter les horaires : éviter de laisser le cheval en pâture ou en pré aux heures de forte activité des insectes (crépuscule du soir et nuit). Préférer le laisser en pâture la journée et le rentrer à l’écurie ou dans un abri couvert pour la nuit.
Aménager l’environnement autour de l’écurie : éviter les accumulations d’eau (récipients, abreuvoirs en fuite), nettoyer régulièrement les rigoles et colmater les points d’eau stagnants. Quand c’est possible, installer des moustiquaires aux portes de boxes ou d’abris.
2. Couvertures, masques et chemises anti‑insectes
La protection mécanique est l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir la dermite estivale.
Couvertures anti‑insectes : opter pour des couvertures spécifiques dermite, avec rabat sous le ventre et couverture de queue, afin de protéger la crinière, le dos, le dessous de ventre et la queue, zones souvent très réactives.
Masques et neck covers : un masque anti‑mouche couvrant oreilles, tête et parfois le museau permet de limiter les piqûres sur des zones très sensibles. Un neck cover peut compléter la protection du garrot et du haut du cou.
Surveillance de l’équipement : vérifier régulièrement qu’il n’y a pas de déchirures, trous ou accrocs qui annuleraient la protection. Un tissu trop tendu ou mal ajusté peut aussi irriter la peau et favoriser les lésions.
3. Utiliser des produits répulsifs et soins cutanés
En complément des protections physiques, des produits répulsifs et soins apaisants peuvent limiter les piqûres et soulager les démangeaisons.
Répulsifs : appliquer des sprays ou lotions anti‑insectes adaptés aux chevaux, en respectant les recommandations d’utilisation (fréquence, zones à éviter, durée de protection). Certains produits à base de perméthrine ou de plantes peuvent être efficaces, mais à utiliser avec prudence, surtout chez les chevaux sensibles.
Soins apaisants : en cas de lésions, utiliser des shampoings dermatologiques ou lotions calmantes pour nettoyer la peau, limiter les irritations et réduire le risque de surinfection.
Crèmes cicatrisantes : sur les zones scrapées ou abîmées, des crèmes cicatrisantes naturelles ou protectrices peuvent aider à apaiser la peau et favoriser la cicatrisation.
4. Alimentation et compléments pour réduire la réactivité
Certaines approches nutritionnelles peuvent aider à réduire l’inflammation cutanée et limiter l’intensité des crises.
Régulation de la ration : chez certains chevaux, une adaptation de la ration protéique ou une alimentation plus légère et équilibrée peut contribuer à réduire la réactivité cutanée.
Compléments alimentaires ciblés : certains produits agissent sur la barrière cutanée, le système immunitaire et la réponse inflammatoire, en complément des mesures de protection extérieure. Ils peuvent être intéressants pour les chevaux récidivants ou très sensibles.
5. Surveiller et consulter votre vétérinaire
En cas de doute, de début de symptômes ou de recrudescence de la dermite, il est important de consulter votre vétérinaire.
Il pourra confirmer le diagnostic, évaluer la gravité et proposer un traitement adapté (corticoïdes locaux ou systémiques, anti‑histaminiques, traitements associés, etc.), si nécessaire.
Un suivi régulier permet aussi d’ajuster la stratégie de prévention chaque année, en fonction de l’évolution des symptômes et de l’hiver‑été passé.
En résumé
Pour protéger votre cheval de la dermite estivale, combinez :
la réduction de l’exposition aux insectes (pâture, horaires, environnement),
une protection mécanique efficace (couvertures, masques, chemises anti‑insectes),
l’usage ciblé de répulsifs et soins cutanés apaisants,
le cas échéant, un accompagnement nutritionnel et vétérinaire adapté.
En adoptant ces mesures dès le début de la saison, vous pouvez limiter fortement les crises de dermite estivale et préserver le confort, le bien‑être et la performance de votre cheval tout au long de l’été.