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Comprendre la fourbure chez le cheval : prévention et soins

15 avril 2026 par
Equivetys

Comprendre la fourbure chez le cheval : prévention et soins


La fourbure est une affection grave du pied du cheval, souvent douloureuse, liée à une inflammation et à une perturbation de la vascularisation du sabot. Elle touche fréquemment les chevaux au printemps, lorsque l’herbe fraîche est riche en sucres et en amidon, mais peut aussi survenir à d’autres périodes de l’année.

Comprendre les causes et reconnaître précocement les signes permet de limiter les séquelles et de mettre en place rapidement une prise en charge efficace.


1. Qu’est‑ce que la fourbure ?

La fourbure correspond à une altération du tissu sensible (laminae) qui fixe la troisième phalange (os du pied) à la paroi cornée. Lorsque la circulation sanguine est perturbée, ces tissus s’enflamment, ce qui entraîne douleur, sensibilité au sol et parfois une bascule de l’os dans le sabot.

Les causes principales sont :

  • Alimentation : excès de sucres/glucides (gros grain, ingestion brutale de concentrés, pâturage riche surtout au printemps).

  • Facteurs endocriniens : maladies hormonales (ex. PPID, insulinorésistance) qui augmentent la sensibilité à la fourbure.

  • Surpoids et manque d’exercice.

  • Autres facteurs : infections graves, rétention de placenta, certaines interventions médicales.


2. Reconnaître les signes précoces

La fourbure est une urgence médicale. Il est essentiel de réagir dès les premiers signes :

  • Boiterie ou raideur, surtout au pas, sur sol dur.

  • Attitude caractéristique : cheval immobile, les antérieurs ramenés en avant, le poids du corps placé sur les postérieurs.

  • Sabots chauds et pouls digital très marqué au niveau du paturon.

  • Sensibilité lors de la pression sur la sole avec le testeur.

  • En cas de fourbure chronique : changements de la paroi (rayures, aplatissement, déformation de la fourchette).

À la moindre suspicion, il faut contacter le vétérinaire et éviter tout effort sur le cheval, même léger.


3. Que faire en cas de crise aiguë ?

Dès la détection des premiers symptômes :

  • Immobiliser le cheval : garder le cheval au box, sur un sol très mou (litière épaisse), en évitant tout déplacement inutile.

  • Refroidir les pieds : plonger les sabots dans un bac d’eau glacée ou utiliser des guêtres/poches de glace adaptées pendant plusieurs heures, voire plus (cryothérapie prolongée) pour réduire l’inflammation et la douleur.

  • Appeler le vétérinaire rapidement : il pourra prescrire des antalgiques et anti‑inflammatoires, adapter la gestion des sabots (pansements, semelles, appui postérieur) et traiter la cause sous‑jacente.

Le but est de stabiliser la situation et de limiter les dégâts au niveau du tissu sensible et de l’os du pied.


4. Prévenir la fourbure : les bonnes pratiques

La meilleure façon de lutter contre la fourbure est de prévenir les facteurs de risque, surtout en période de pâturage riche (printemps, automne).

4.1. Gérer l’alimentation et le poids

  • Réguler le pâturage : limiter l’accès à l’herbe fraîche, surtout tôt le matin, tard le soir ou après une grosse pluie, lorsque la teneur en sucres est maximale.

  • Faire progresser les mises au pré : toujours augmenter le temps de pâturage progressivement, surtout pour les chevaux revenant de box ou de période de restriction.

  • Contrôler le surpoids : surveiller le score corporel, réduire les concentrés inutiles, privilégier le foin de qualité et, si besoin, des compléments à faible teneur en glucides.

4.2. Prendre soin des sabots

  • Parage et ferrage réguliers : un bon équilibre du sabot réduit la pression anormale et limite le risque de lésions laminaires.

  • Surveiller l’état des pieds : pieds chauds, pouls digital marqué ou changement de comportement peuvent être des signaux d’alerte.

4.3. Adaptation de l’exercice et de la gestion

  • Exercice adapté : favoriser une activité régulière pour maintenir un bon poids, une bonne circulation sanguine et une santé métabolique.

  • Gérer les chevaux prédisposés : pour les chevaux endocriniens, surpoids ou ayant déjà eu une fourbure, anticiper en amont la période de pâturage riche (régime spécifique, compléments, protection des pieds, suivi vétérinaire plus rapproché).


5. Soins de long terme et suivi

Chez les chevaux ayant déjà eu une fourbure, le suivi doit être particulièrement rigoureux.

  • Gestion de la cause sous‑jacente : ajustement alimentaire, traitement hormonal si nécessaire, contrôle régulier avec le vétérinaire.

  • Travail sur les pieds : parage et ferrage adaptés, parfois un ferrage ou appareillage spécifique pour stabiliser la troisième phalange et soulager la pression.

  • Observation au quotidien : tout changement de démarche, d’appétit ou de comportement doit alerter le propriétaire, qui doit alors consulter sans attendre.


6. En résumé

La fourbure est une pathologie douloureuse et potentiellement sévère, mais souvent prévisible et évitable par :

  • une bonne gestion alimentaire et pondérale,

  • une surveillance des pieds et du comportement du cheval,

  • une prise en charge rapide dès les premiers signes.

En adoptant ces mesures de prévention tout au long de l’année, et surtout à l’approche du printemps, vous pouvez protéger efficacement votre cheval de la fourbure et favoriser sa santé du pied sur le long terme.

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