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Emphysème du cheval : les signes qui doivent alerter

15 avril 2026 par
Equivetys

Emphysème du cheval : les signes qui doivent alerter


L’emphysème, souvent appelé « pousse » ou asthme du cheval, est une maladie respiratoire chronique due à une inflammation allergique des poumons. Elle touche surtout les chevaux vieillissants, vivant en box ou exposés régulièrement à des environnements poussiéreux, et se traduit par une toux persistante, des difficultés à l’effort et une moindre tolérance à l’exercice.

Reconnaître tôt les signes permet d’agir rapidement, de limiter l’aggravation et de préserver la qualité de vie et la performance du cheval.


1. Qu’est‑ce que l’emphysème ?

L’emphysème du cheval est une inflammation chronique des voies respiratoires, qui entraîne un épaississement de la muqueuse bronchique, une production accrue de mucus et des bronchospasmes (contractions des bronches). Le cheval doit alors fournir un effort supplémentaire pour respirer, ce qui se traduit par des symptômes respiratoires et une intolérance à l’effort.

Les principaux déclencheurs sont :

  • L’inhalation de poussières de foin, de paille et de moisissures dans le box.

  • Des allergies aux pollens ou aux spores, parfois aggravées par des infections respiratoires mal ou tardivement soignées.

  • Une prédisposition génétique chez certains chevaux, vivant surtout en box et exposés à des environnements poussiéreux.


2. Les premiers signes à surveiller

L’emphysème évolue souvent de manière progressive, mais certains signes doivent immédiatement alerter le propriétaire.

  • Toux chronique :

    Une toux apparaît souvent au début de l’exercice, dans un environnement poussiéreux, ou après avoir ingéré du foin. Elle peut être discrète au départ, puis devenir plus fréquente et persistante.

  • Essoufflement et intolérance à l’effort :

    Le cheval prend plus de temps pour se remettre au pas après un galop, montre des difficultés à reprendre son souffle ou refuse certains efforts qu’il réalisait auparavant sans problème.

  • Respiration bruyante ou accélérée au repos :

    Une respiration plus rapide, sifflante, ou des « sifflements » discrets peuvent être observés, surtout après un effort ou au box.

  • Modification de la posture :

    En cas de maladie marquée, le cheval peut adopter une posture caractéristique : encolure tendue, membres antérieurs écartés, reins légèrement creusés, afin de faciliter la respiration.

  • Apparition de la « ligne de pousse » :

    Sur certains chevaux, une ligne plus marquée apparaît dans les muscles abdominaux, due à l’effort prolongé fourni pour respirer.


3. Les signes qui exigent une consultation rapide

Certaines manifestations doivent conduire à contacter le vétérinaire sans attendre, car elles traduisent un stade avancé ou une crise aiguë.

  • Toux prolongée ou installée, même au repos, avec toux productive ou non.

  • Grande difficulté à respirer, même au pas ou au repos, avec flasquement des narines, contraction abdominale marquée ou refus de se déplacer.

  • Comportement inhabituel : fatigue excessive, refus de manger, baisse de condition générale ou amaigrissement progressif.

En cas de doute, mieux vaut faire intervenir le vétérinaire (auscultation, éventuellement échographie ou épreuves respiratoires) afin de confirmer le diagnostic et adapter le traitement.


4. Comment agir en cas de suspicion d’emphysème ?

Dès les premiers signes, il est important de :

  • Modifier l’environnement :

    • Changer le foin très poussiéreux, le mouiller ou le remplacer par des fourrages de qualité, non moisissus.

    • Assainir le box (straw, poussière, bonne ventilation, balayage humide, choix de litière peu poussiéreuse).

  • Adapter le travail :

    • Éviter les zones très poussiéreuses (carrière sèche, manège fermé poussiéreux).

    • Privilégier des exercices progressifs, en extérieur si possible, et ne pas surcharger le cheval durant une crise.

  • Relayer vers le vétérinaire :

    • Un traitement médical peut inclure des corticoïdes (parfois en nébulisation), des bronchodilatateurs et des mucolytiques pour faciliter la respiration et réduire la toux.

Le traitement de l’emphysème est avant tout hygiénique : limiter au maximum les allergènes et poussières, puis complété par des médicaments lorsque la situation le nécessite.


5. Prévenir ou limiter les crises

Même si l’emphysème est une affection chronique, une bonne gestion environnementale et alimentaire permet souvent de réduire fortement les symptômes.

  • Choisir des fourrages adaptés :

    Foin de qualité, non moisi, moins poussiéreux, ou foin lavé/mouillé, granulés adaptés aux chevaux sensibles.

  • Améliorer le box :

    Ventilation correcte, litière peu poussiéreuse, prévention des moisissures, limitation des poussières lors du nettoyage.

  • Surveiller au quotidien :

    S’habituer à écouter la respiration de son cheval, noter toute toux, tout changement de comportement à l’effort, afin d’intervenir précocement.


6. En résumé

L’emphysème du cheval est une maladie chronique, mais souvent bien manageable si elle est repérée tôt et si l’environnement et le mode de vie du cheval sont adaptés.

Les signes qui doivent alerter sont :

  • une toux chronique,

  • une intolérance accrue à l’effort et une respiration difficile ou bruyante,

  • une modification de la posture ou de la forme abdominale.

En adoptant un suivi attentif, une gestion soigneuse de l’environnement et une collaboration avec le vétérinaire, il est possible de limiter les crises, préserver le confort respiratoire du cheval et prolonger, dans de bons conditions, ses activités sportives ou de loisir.

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